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mercredi 22 fév 12

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CODEPA


Mme Yvonne Adelaïde MOUGANG,
Ministre Congolaise des PME et de l’Artisanat
Présidente en exercice du CODEPA


A l’issue de sa participation à la 3ème Conférence des ministres en charge de l’artisanat en Afrique, qui s’est tenue les 20 et 21 janvier 2010 dans la capitale camerounaise, Mme la ministre a accepté de s’ouvrir au micro de TREMPLIN*, pendant qu’elle s’apprêtait à rejoindre son Congo natal.   

TREMPLIN : Mme la ministre vous venez de prendre part à la conférence des ministres en charge de l’artisanat en Afrique et à l’ouverture du Salon International de l’artisanat du Cameroun, pouvez-vous nous donner votre sentiment, à l’issue de ces deux événements.

Mme Y. A. MOUGANG : s’agissant du CODEPA, je crois que, au sortir des travaux, j’ai pris pleinement conscience de la responsabilité qui m’incombe pour pouvoir conduire les destinées de notre organisation continentale. Avec elle, la nécessité de pouvoir, à la fin de mon mandat, me préparer à organiser mon travail de manière pour que  les différentes missions qui m’ont été confiées puissent permettre de faire faire des avancées à l’organisation. Mais, je crois que le travail a été facilité par ce que les experts nous ont servi, c’est l’occasion de les féliciter très sincèrement pour la qualité des documents mis à notre disposition et notamment ceux relatifs à la politique qu’il va falloir mener non seulement au niveau national, mais aussi sous-régional et continental. A ce propos, les axes sont bien tracés. Je peux dès lors, me rendre compte que j’aurai, au plan national, des responsabilités à assumer vis-à-vis du gouvernement congolais ; à cela va s’ajouter, ce que j’aurai à réaliser en tant que Présidente du CODEPA. J’ai pleinement conscience du poids supplémentaire que j’aurai à gérer. Je m’y suis engagée entièrement auprès de mes pairs pour pouvoir assurer la responsabilité.
    Pour ce qui est du SIARC, je me dois de féliciter le ministre Laurent Serge ETOUNDI NGOA, qui, en si peu de temps, a fait réaliser des avancées significatives à l’artisanat camerounais ; avancées liées notamment à l’organisation des acteurs du secteur, en leur permettant, dans le même timing, de pouvoir présenter à la face du monde leur savoir-faire, et ce, de façon organisée.

* magazine radio du MINPMEESA
TREMPLIN : est-ce aller vite en besogne, si je vous demandais de nous donner quelques priorités du plan d’action du Président du CODEPA que vous êtes désormais ?
Mme Y. A. MOUGANG : au regard des différents axes qui ont été retenus, la première des choses à faire, c’est d’élaborer la feuille de route, qui tiendra compte des principales priorités qui ont définies ici. Il s’agira, dès le départ de faire en sorte que ce que le Cameroun et le Congo ont déjà fait en terme  de mise en place d’un cadre réglementaire, puisse  se généraliser  et que l’élaboration de politique nationale au niveau de différents Etats puisse se réaliser et qu’on réussisse à intégrer dans les organisations sous-régionales des aspects de développement de politique liée à l’artisanat.
       Il y a également à faire en sorte que, au lieu des 27 membres actuellement répertoriés, que nous soyons plus nombreux et qu’on retrouve, en quelque sorte, la physionomie de l’Union Africaine, organisation, que, du reste il va falloir rencontrer pour obtenir au bénéfice du CODEPA, le statut d’organisation spécialisée de l’Unité Africaine.
Il faudra, en outre susciter davantage l’attrait des pays en position d’observateur pour que ceux-ci deviennent des acteurs à part entière. Il en sera de même à l’endroit des pays susceptibles  d’apporter, dans un bref délai, leur contribution multiforme. Mais, vous savez, pour agir, il faut tenir compte du nerf de la guerre, et nous avons constaté une faiblesse à ce sujet, d’où la nécessité d’asseoir une assise financière qui permettra à l’organisation de fonctionner. Nous avons certes des cotisations, mais en marge de celles-ci, il faudra voir comment obtenir des contributions financières de la part de toutes ces organisations qui manifestent de l’intérêt pour l’artisanat et qui pourraient nous accompagner. Qu’il s’agisse des organisations sous-régionales, continentales ou les partenaires traditionnels au développement.

Il y a par dessus tout, à faire en sorte que  du secteur informel, les acteurs passent au secteur structuré. Ce faisant, il faut créer les conditions qui leur permettent de passer du statut de l’artisanat en tant que tel, ils puissent passer au statut de la TPE ou de la PME, pourquoi pas ? Parce que, en fait, on leur confie cette mission de contribuer au développement économique et social du pays, d’améliorer leur participation au PIB, de créer  des emplois, des richesses et de contribuer à la lutte contre la pauvreté. Il faudra donc une attention particulière  à  l’évolution du statut de l’artisanat vers la PME et pourquoi pas après dans leur ascension vers les grandes  Entreprises. Pourquoi pas ? Mais, c’est là une vision globale. Pour ce faire, il va falloir définir les étapes pour la mise en œuvre de tout un programme.


TREMPLIN
: Mme la Ministre, on vous a aperçu, dans les stands, une image
                       que vous en gardez ?

Mme Y. A. MOUGANG : j’ai vu comment les artisans camerounais excellent dans certains métiers, notamment dans le traitement du cuir, de la corne et d’un certain nombre d’autres matériaux. Le traitement du Bronze, vous vous rendez compte ? La vue de certains objets, sculptures et réalisations, m’a fait penser à l’époque des travaux titanesques qu’on voyait dans la Grèce antique, à un certain nombre de réalisations des hommes et des femmes exceptionnels. Tout cela faisait rêver, mais je vois que la réalité est là, à notre tour, nous pouvons emboîter le pas à ceux qui à l’époque avaient réalisé des travaux qui ont été légués à la postérité. Aussi, à notre tour, je crois que ceux qui viendront et qui regarderont, les Araignées géantes*, par exemple, eux aussi, à leur tour, ils vont soutenir les capacités des hommes de notre temps.

TREMPLIN : Une résolution que cela vous a inspiré ?
Mme Y. A. MOUGANG : Ce que j’ai vu devrait m’amener à voir ce qu’il peut y avoir  comme besoin au niveau du Congo, pour établir plutôt des partenariats entre artisans. Parce qu’il y a une forte délégation d’artisans du Congo qui ont échangé avec les autres et qui ont manifesté le désir de pouvoir améliorer leurs compétences, renforcer leurs capacités dans certains domaines.

TREMPLIN : Une suggestion, en définitive, conséquente de votre  participation à la conférence des ministres et au SIARC 2010?
Mme Y. A. MOUGANG : Dans les rencontres de cette nature, il ne s’agit pas d’avancer seul mais de faire faire des avancées à l’ensemble de l’organisation continentale. Il s’agit de faire agir une solidarité qui permette aux Etats d’avancer ensemble ; les faiblesses des uns pouvant être complétées par les  compétences et capacités   particulières des autres pays membres. Il faudra que l’institutionnel prenne sa part de responsabilité pour créer les conditions de partage entre les différents acteurs concernés.
 C’est l’occasion de mettre à l’épreuve les maîtres artisans qui sont chevronnés. Ils pourraient dans certains métiers, sillonner certains pays membres du CODEPA, pour apporter leur expérience, leur savoir pour que joue la solidarité que j’appelle de tous mes vœux au niveau des Etats membres, parce qu’il ne s’agit pas d’avancer seul mais de faire faire des avancées à l’ensemble de l’organisation continentale.

*sculpture en bronze exposée au SIARC 2010
C’est de cette manière qu’il va falloir également gérer cette responsabilité, prendre en ligne de compte la situation de chaque pays et je crois que le diagnostic a été fait, il s’agit maintenant dans la mise en œuvre des différents programmes de faire en sorte que chacun y trouve son compte. 

TREMPLIN : Pour vous qui étiez déjà là à la 1ère édition, s’il fallait s’essayer
                       à une comparaison…
Mme Y. A. MOUGANG : de la 1ère édition à l’édition présente, on voit vraiment que,  des progrès ont été réalisés et je ne peux que m’en réjouir et demander à Monsieur le ministre ETOUNDI de continuer.

TREMPLIN
: et en situation de projection dans la prochaine édition quelle
                       serait   votre attitude?
Mme Y. A. MOUGANG : c’est une invite à un engagement de l’ensemble des acteurs, c’est-à-dire, ceux qui sont sur le terrain, ceux qui produisent mais aussi, ceux qui les encadrent, les différentes administrations locales, sous-régionales et continentales qu’il faudra mobiliser davantage ainsi que l’ensemble des partenaires qui interviennent déjà dans différents secteurs. Je ne vois pas pourquoi ils manqueraient d’intérêt pour l’artisanat, qui aujourd’hui constitue un maillon qui pourrait permettre de faire démarrer les économies africaines en difficulté actuellement.





















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